UNE VIE AU CŒUR DE L’IMAGE
Biographie
L’Œil Graphique
Le Cœur Cinéma
Autoportrait — 2022
Tout commence par la rigueur du trait. De 1985 à 1991, j’exerce le métier de graphiste. Ces six années façonnent mon sens de la composition, de l’équilibre et du contraste. Des fondations qui ne me quitteront jamais.
Pourtant, ma véritable passion bat au rythme de 24 images par seconde. Je rejoins alors les Cinémas Gaumont, où je passerai quatorze années au plus près de la pellicule. Formateur au sein des nouveaux multiplexes de la société, je vis le cinéma de l’intérieur, entre cabines de projection et avant-premières prestigieuses.
Et c’est là, au contact direct des artistes et des équipes de films, que l’évidence s’impose : Je dois fixer ces visages, non plus sur un écran, mais sur les sels d’argent.


Le Chapitre 1992
L’Étincelle du Marignan
L’Histoire débute au 27/33 de l’avenue des Champs-Élysées. En 1992, je rejoins les équipes du Pathé Concorde Marignan au moment précis où le lieu change de destin pour devenir le Marignan, sous l’égide de la société Gaumont.
C’est au cœur de cette métamorphose que mon désir de photographier les visages du cinéma prend racine. Au sous-sol du bâtiment se trouvait alors le Ciné Café. Un espace aujourd’hui disparu, mais dont je garde une trace indélébile.
L’accueil du Ciné Café – Paris 1992
Une Présence Discrète
L’instant “Fatale“
C’est au Ciné Café que j’ai réalisé mes premières images de cinéma. Je me souviens de la venue de Juliette Binoche et Jeremy Irons, accompagnés du réalisateur Louis Malle, pour la présentation du film Damage (Fatale en français).
À l’époque, mes photos étaient prises “à la volée“, sans mise en scène. Ces clichés, accompagnés de l’affiche originale de l’époque, sont pour moi des archives précieuses. Ils marquent le moment où j’ai compris que le visage d’un cinéaste raconte parfois autant d’histoires que ses films.
Juliette Binoche et Jeremy Irons à l’avant-première — Paris 1992

L’affiche originale du film
Louis Malle et Michel Piccoli — Paris 1992
Louis Malle et Leslie Caron — Paris 1992
Jeremy Irons — Paris 1992
Juliette Binoche et Jeremy Irons — Paris 1992
La Transition
De L’immersion à la Maturité
Cette période a marqué le début de quatorze années passées au sein de la Maison Gaumont. D’abord graphiste, utilisant déjà la photographie comme matière première de mes créations, je me suis imprégné de cette culture de l’exigence et du patrimoine.
Au fil des années, mon regard a mûri. J’ai troqué la photo prise sur le vif pour la rigueur du Moyen Format. J’ai appris à ralentir, à demander au cinéaste de poser, à créer un face-à-face silencieux. C’est de cette maturation qu’est née la série Junket (1999-2003), cœur de ma collection actuelle.

Visée haute sur le Mamiya RZ67 Pro II
Le négatif original d’un moyen format 6x7cm
Tirage final — Lorànt Deutsch — Nantes 2002
Les Années Kostar
L’Échappée Graphique
Après l’intimité des salles de cinéma et la rigueur du noir et blanc, mon regard s’est ouvert à une autre forme de mise en scène. Entre 2009 et 2012, le magazine culturel nantais Kostar m’a confié ses pages pour documenter les figures de l’époque.
Cette période marque mon passage au numérique, à travers des portraits plus dynamiques, où le décor et l’univers du sujet participent pleinement à l’histoire.
Des figures du cinéma comme Claude Chabrol, Mélanie Laurent, Gérard Lanvin, Clovis Cornillac, Gilles Lellouche ou Cédric Kahn, aux forces vives de la scène locale (Chefs cuisiniers, artisans, artistes), cette parenthèse fut un formidable terrain de jeu visuel.
Une chronique qui témoigne de ma passion inchangée pour le caractère de ceux qui créent.
(Accéder aux anciens numéros de Kostar Magazine )
































